20 ans devant soi

« Hier encore j’avais 20 ans » disait Aznavour. Un doux parfum de nostalgie et de renouveau flotte dans l’air chez Lulu depuis le début de l’année. À l’aube de ce grand passage, Mirella se remémore les débuts de cette aventure et ses premiers pas dans la peau d’une Lulu. La première Lulu.
Photographies par
Pascale Thérien
Écrit par
Manon Blache Veschi

20 ans devant soi

« Hier encore j’avais 20 ans » disait Aznavour. Un doux parfum de nostalgie et de renouveau flotte dans l’air chez Lulu depuis le début de l’année. À l’aube de ce grand passage, Mirella se remémore les débuts de cette aventure et ses premiers pas dans la peau d’une Lulu. La première Lulu.
Photographies par
Pascale Thérien
Écrit par
Manon Blache Veschi

À 20 ans, on a la vie devant soi et nos lendemains sont pleins de promesses. Qui s’en rappelle ? Qui se souvient de cette euphorie délectable ? Imaginez ce qu’il en est lorsqu’on atteint les 20 ans en affaires ! Pour l’occasion notre fondatrice et directrice de création nous ouvre les portes de son histoire et de celle qui, souvenir après souvenir, compose l’ADN de l’agence.

Qu’est-ce que cela fait de célébrer ses vingt printemps ?

« C’est irréel » nous dit Mirella en riant. En même temps, je me rappelle des moments marquants et des gens qui sont passés chez Lulu. Il y a beaucoup de beaux souvenirs reliés à l’humain. Qui a passé les portes de Lulu est inévitablement une personne humaine avec un cœur grand « comme ça », que ce soit pour nos client·es ou nos collaborateur·ices.

Vous êtes fondatrice de Lulu événements mais également autrice et conférencière. Une carrière “puzzle” qui se lie à merveille par un fil d’ariane. Quand est-ce que tout a commencé ?

J’ai eu plusieurs casquettes durant ma carrière et c’est intéressant de faire le bilan cette année. Je pense que ce qui m’aide le plus, c’est mon débordement d’imagination. Disons que c’est mon super pouvoir ! Vivre dans ma tête, c’est apprendre à composer avec de multiples scénarios, anticiper le moindre détail et c’est une belle force qui m’a toujours accompagnée.

À bien y réfléchir, j’ai commencé ma carrière à l’âge de cinq ans ! Quand j’étais enfant, j’avais déjà ce côté artistique mêlé à un sens des affaires aiguisé. J’organisais des spectacles dans le garage de mes parents. Je me servais des costumes traditionnels qu’ils ramenaient de leurs voyages pour habiller mes ami·es et je demandais 25 sous à tout le quartier pour assister à notre représentation. J’avais seulement dix ans ! En y repensant, c’est drôle parce que le monde du spectacle m’a toujours accompagné. Je me souviens qu’à l’âge de cinq ans, on m’asseyait sur un tabouret et je me mettais à chanter toute la soirée. Des années plus tard, je continue à chanter sur scène dès que je peux, ça me nourrit. La scène m’a aussi appris que j’avais une voix et en écrivant mon livre « Préménopause : guide de survie pour rester zen » j’avais la sensation de porter nos voix, la mienne et celles de toutes les guerrières qui se tiennent « debout face à l’adversité ».

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L’effet de transmission : que dire à un·e enfant qui souhaite faire le même métier que vous ?

C’est une partie de ma carrière qui se conjugue avec mon rôle de conférencière. Quand j’enseignais au Collège LaSalle, je faisais part aux élèves d’une épiphanie : tout le monde est bourré de talents ! Je pense qu’on fait souvent l’erreur de croire que le talent doit être reconnu –mondialement- et pourtant … le talent est quelque chose qu’on fait naturellement. Parfois on croit même que les autres devraient le faire aussi facilement que nous et quand on prend conscience que ce n’est pas le cas, c’est à ce moment qu’on constate ce dont on est capable. Et quel bonheur ! C’est ce qui m’est arrivé pour l’événementiel !

« J’ai deux amours, mon pays et Paris »

J’ai passé des années à travailler dans l’univers de la mode. En rentrant de Paris, j’ai réalisé que j’avais un sens de l’observation digne de Enola Holmes. J’arrivais très facilement à me projeter dans les espaces, les lieux. Je crois que ma vie à Paris a affûté cette aptitude si je puis dire, j’étais toujours en éveil, à chaque seconde parce que cette ville est un vrai musée.

Conséquemment, j’avais en tête de travailler dans le milieu du cinéma, je voulais être location manager, une sorte de chasseuse de lieux. Mais j’ai été appelée par La Senza Girl pour être directrice des achats. Finalement, ça n’a été qu’un petit virage avant de créer Lulu événements avec ma meilleure amie. D’ailleurs l’agence s’appelait Lulu & Castagnettes avant, c’était nos surnoms ! Un an plus tard, on s’est rendu compte que nous nous ressemblions énormément, j’ai donc racheté ses parts de l’entreprise. Note importante pour tou·tes les associé·es en affaires, il vaut parfois mieux être complémentaires qu’identiques !

 

L’opportunité : des têtes pensantes complémentaires

Parlons un peu des prises de risques qui composent la réalité d’entrepreneure ?

Je dirais que j’ai fonctionnée en dilettante durant les premières années de Lulu événements. J’avais besoin d’évoluer à mon rythme plutôt que d’avoir les yeux plus gros que le ventre. C’est un conseil que je donnerais volontiers aux entrepreneur·es qui se lancent en affaires aujourd’hui. Vivre l’aventure pas à pas.

Au début, je travaillais de la maison et je n’avais pas avec moi l’équipe que j’ai maintenant. La première prise de risque a été de signer un bail de trois ans, ça symbolisait un certain niveau d’engagement et c’était important.

Depuis huit ans, Pierre mon associé et conjoint nous a rallié à titre de directeur des opérations. Il a réussi à structurer l’entreprise en créant un plan de match, en ayant une vision globale et en créant le département marketing. Sa présence a permis de créer une complémentarité, une sacrée force chez Lulu. On rit souvent en se disant qu’il est le côté gauche et moi le côté droit du cerveau.

LES GRANDS PAS D’UNE ENTREPRISE À TAILLE HUMAINE

Quand est-ce que Lulu événements a pris un grand tournant ?

Je dirais que ce n’est pas si lointain. Avant la pandémie, en 2019, on a été contacté pour répondre à l’appel d’offre de la General Civil Authority Aviation (GCAA). Au début, je pensais que c’était une arnaque parce que quelques mois auparavant, on avait reçu une proposition frauduleuse pour le même type de projet. Finalement, ça a été l’événement le plus grisant et le plus impressionnant que Lulu est organisé pour l’époque. On était en compétition contre des agences de San Francisco et Toronto, et à ce moment-là, on n’était pas une aussi grande agence qu’aujourd’hui, on était vraiment fier·es ! Honnêtement, on est encore plus fier·es d’avoir construit une relation de confiance avec nos client·es, à tel point qu’on a remis ça en 2022…

Votre meilleur souvenir chez Lulu ?

J’ai eu la chance d’organiser durant treize ans le gala annuel de l’Association des Femmes en Finance du Québec (AFFQ). Ma collaboration avec Martine Cantin et l’AFFQ, m’a beaucoup appris et j’ai aussi pu voir les contours des enjeux que représentent encore la parité entre les femmes et les hommes dans le domaine des affaires. Féministe dans l’âme, c’est un combat qui fait partie de ma vie, c’est … viscéral, depuis toujours. J’ai eu la chance d’avoir sur mon chemin l’AFFQ et de rencontrer toutes ces femmes qui se démènent avec brio dans leur carrière. Le gala annuel s’articulait chaque année autour de capsules qui retraçaient leurs parcours éloquents et bouleversants. Je dois l’avouer, il n’y a pas une année où l’on ne s’est pas serré dans les bras en versant une larme tant les entretiens étaient forts et significatifs…

Le mot de la fin ?

Cela fait déjà quelques années que j’aime dire haut et fort que je suis une « adulescente ». Pour moi c’est un terme qui correspond à cette partie de moi qui brûle de vie, de rires et de beaux projets. À l’image de ce qu’on disait au début, j’ai toujours eu plusieurs casquettes, mais aucune ne m’a jamais empêchée d’être moi-même. Je peux dire « Hakuna matata » à his excellency sans rougir. Être une « adulescente » c’est ma façon à moi de garder –toujours- le cœur à la bonne place, comme toutes et tous les Lulu.

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